Clichy-la-Garenne (92)
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Clichy… en Bretagne ?

C’est la question qui vient et revient inexorablement lors des périgrinations du bagad Keriz en Bretagne et partout ailleurs : « D’où venez-vous ? de Clichy certes… mais de quel département breton ? ». Paris est qualifiée de « première ville bretonne » de France compte tenu du nombre de Bretons et de descendants d’« immigrés » de la diaspora bretonne qui y résident, et dont on dit qu’ils seraient près d’1 million (dont 300 000 nés en Bretagne). Sa périphérie n’y échappe bien sûr pas : aussi, si Clichy n’est pas en Bretagne, c’est la Bretagne qui est à Clichy et ce, au fil d’une histoire passée et actuelle.

Clichy est une commune limitrophe de Paris, située entre Levallois-Perret, Saint-Ouen-sur-Seine, et entre la Seine et le 17e arrondissement de Paris. À partir de la Révolution, Clichy est devenue une ville industrielle avec des activités de blanchisserie, de verrerie, de cristallerie et de savonnerie. Au XIXème siècle, la cristallerie Maës et la verrerie Appert, reconnues dans le monde entier, s’installent à Clichy. Plus tard, en 1950, Citroën est l’un des premiers grands groupes à s’y installer.

Clichy a été desservie par plusieurs lignes de chemin de fer au début du XXème siècle. La gare de Clichy-la-Garenne, ouverte dès 1882, était un point important pour le transport de marchandises et de passagers. Cette gare a facilité le transport des produits industriels, notamment ceux des cristalleries et verreries, vers d’autres parties de la France et même à l’international, et elle a permis une meilleure connectivité avec Paris et les autres régions. C’est sans surprise, donc, que Clichy a connu la plus forte immigration bretonne d’Île-de-France.

Une importante communauté bretonne s’est alors créée à Clichy, grâce aux nombreux cheminots affectés au trafic de Paris-Saint-Lazare. De mémoire d’« anciens », cette immigration serait venue du Trégor et de plusieurs familles de la région de Gimgamp dans les Côtes d’Armor qui auraient été les premières à s’installer. Ainsi, jusqu’aux années 2000, deux associations visant à promouvoir et préserver la culture bretonne ont existé et comptaient quelques centaines de membres avec des groupes folkloriques et même un Cercle celtique sacré Champion de Bretagne en 1ère catégorie en 1982.

L’Amicale des Bretons de Clichy-la-Garenne, une des deux associations historiques de Clichy, est représentative de l’essort au XXème siècle de la culture bretonne qui est provenu de la région parisienne. Ce « revival » breton est, en effet, dû à l’engagement des héritiers de la diaspora bretonne comme Dorig Le Voyer et Hervé Le Menn qui ont créé en 1932 à Paris le tout premier bagad (la « K.A.V » pour Kenvreuriezh ar Viniaouerien) bien avant que ne soit créée en Bretagne la Bodadeg ar Sonerion en 1943, ou Alan Stivell qui a incarné dans les années 60/70 la « Vague celtique » qui a redonné fierté aux Bretons.

Le bagad Keriz est aujourd’hui une véritable institution clichoise et un amabassadeur de la culture bretonne en Île-de-France et en dehors de ses frontières. Ce bagad comme nul autre, qui s’est forgé tout un palmarès en Bretagne dans le cadre du Championnat national des bagadoù tout en ayant prospéré loin de ses terres, démontre que la culture bretonne est bien vivante et contribue au vivre-ensemble sur la commune de Clichy et en Île-de-France.